L’Incolettre de mars 2026 – Le printemps des Incos

Alors que la guerre a éclaté au Moyen Orient, initiant une période de grande incertitude, et que le résultat des élections municipales montre une France plus divisée que jamais, les Incos essaient de po-si-ti-ver. Avec l’arrivée du printemps, de ses arbres en fleurs, de ses chants d’oiseaux, notre joyeuse bande de journalistes et photographes est allée chercher des initiatives et histoires pleines d’espoir, de vivre-ensemble et de progrès… Mais pas que ! De quoi se changer les idées et voir un avenir plus coloré.

Pour faire évoluer la société, rien ne vaut le collectif. C’est ce que raconte Sébastien Daycard dans « Une Pour toutes », film qu’il a réalisé sur l’équipe de France féminine de football. Ce documentaire, en ligne sur la plateforme de CANAL +, suit les joueuses au plus près : leurs doutes, leur exigence, leurs liens… et surtout leur envie d’ouvrir la voie. Parce que le sport est aussi un révélateur des changements de notre société.

À Saint-Denis, Clémence Levasseur a rencontré une autre équipe incroyable, celle de la Maison des Femmes. Regroupant gynécologues, psychologues, sexologues, sages-femmes, assistantes sociales, mais aussi juristes, policiers, cet établissement offre, depuis 2016, un accompagnement médico-social unique aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Un reportage paru dans le magazine Maxi.

La force du collectif est également mise à l’honneur dans Notre Temps, magazine dans lequel l’Inco Christine Lamiable brosse le portrait de Martine Gautier, membre de la Fanfare des enfants du boucher de Nancy. Cette enseignante-chercheuse à la retraite est passée de la pratique du piano en solo à celle du saxo dans un collectif aux compositions musicales foutraques. Selon son témoignage, jouer de la musique en groupe, ça change tout !

Son appareil photo en bandoulière, Odhrán Dunne s’est immergé dans un immense rassemblement, celui du Carnaval de Dunkerque. Cette année, même la neige n’a pas eu raison des carnavaleux, arborant leur plus beau Clet’che (déguisement). Un moment suspendu où les frontières entre les genres, les âges et les milieux sociaux se troublent.

Le cortège du carnaval de Dunkerque retourne place Jean-Bart sous la neige le 15 février 2026, le premier jour des trois joyeuses © Odhran Dunne 

Les groupes, ce sont aussi ceux formés par les amis. Et aujourd’hui, comme le raconte dans la rubrique Intimités du Monde, Marine Bourrier, certains se muent en architectes de la rencontre amoureuse. Pour caser leur pote célibataire, ils cherchent un profil qui lui correspond sur Tinder, font une présentation de lui sur PowerPoint lors d’un « pitch dating » ou montent une agence de « matchmaking» informelle…

Éducation

Maïann Desgranges (à gauche), étudiant à Sciences Po Bordeaux, et Antoine Chavant, étudiant en droit, devant la ville d’Aubusson © Pauline Gauer 

Quitter les copains pour aller étudier loin de chez eux, c’est une décision à laquelle doivent souvent se résoudre les bacheliers en milieu rural. Malika Butzbach et Pauline Gauer, sont parties à Aubusson (Creuse), interroger des élèves du lycée Eugène Jamot. Ils leur ont confié leurs hésitations, entre envies d’ailleurs, dans une grande ville, et peur de quitter si tôt leur point d’ancrage. Un reportage à lire dans La Vie.

Marion Esquerré a rencontré d’autres élèves, ceux du Château des Vaux (Eure-et-Loir), impressionnante propriété de la Fondation des Apprentis d’Auteuil. Ici, 900 enfants et jeunes, en difficultés sociales, familiales ou scolaires, vivent en internat ou en foyer. Après le primaire et le secondaire, ils se forment aux métiers de bouche, de l’horticulture, de la mécanique ou encore du bâtiment. Un reportage photo réalisé pour CDFT Magazine.

Propriété de la fondation des Apprentis d’Auteuil depuis 1946, le Château des Vaux propose 40 diplômes différents, notamment en horticulture. Plus 550 enseignants, travailleurs sociaux, agents techniques et administratifs y travaillent. © Marion Esquerré

Lors de la grand-messe du monde rural à Paris, l’incontournable Salon international de l’agriculture, Valentin Chomienne, venu rédiger un article sur l’absence des bovins pour La Dépêche du Midi, a découvert dans les allées, une nouvelle librairie agricole. Il s’est empressé d’adresser un papier à ce sujet à Livres Hebdo. Un inco ne laisse jamais passer une bonne idée !

Partons maintenant à Cayenne, où en juillet 2024, un incendie a ravagé les maisons de tôle du squat Baduel. Un an et demi plus tard, les habitants, majoritairement haïtiens, reviennent y vivre, faute de solutions de relogement. Pour son dernier article d’un série sur la ville de Cayenne pour StreetPress, Romain Allimant a recueilli les témoignages d’Oswaldo, Ruth, ou encore Brino, les résignés du Mont-Baduel.

Pour Les Echos, Lucie Romano met en lumière un autre phénomène : la crise qui secoue le secteur du jeu vidéo. Des entreprises traversent difficilement la période, sont liquidées ou se séparent de salariés, comme le géant Ubisoft. Mais dans le même temps, la créativité est toujours là et les investisseurs commencent à réinjecter de l’argent…

Santé

Ce mois-ci, plusieurs de nos journalistes se sont emparées de questions liées à la santé. Dans son nouveau documentaire, « Sucre : comment réduire la dose ? », diffusé le 23 mars à 21h05 dans « Le Monde de Jamy » (France 5), la réalisatrice Alexandra Combe s’est intéressée à notre rapport au glucose. En un siècle, la consommation de sucre a triplé, avec son corollaire : une explosion des cas de diabète, d’obésité et de maladies cardiovasculaires. 

À l’occasion des 70 ans du Planning Familial, Christelle Granja a interviewé pour Libération la sociologue Laurine Thizy. Un entretien dans lequel elle dénonce les hommes qui ne prennent pas en charge leur fertilité, mais aussi la stigmatisation des femmes qui avortent, encore souvent jugées, «salopes», voire «meurtrières»… Selon elle, il est impératif d’éduquer davantage au consentement, à la contraception et à la sexualité.

Si le sport est l’une des clés pour prendre soin de son corps et de son mental, il peut aussi devenir un remède dont on ne peut plus se passer. Au risque de tomber dans l’addiction. Dans le dernier numéro de La Revue Dessinée, Assia Hamdi a enquêté sur ce tabou en interrogeant des patients, des addictologues et des médecins qui accompagnent ces malades du sport. Un sujet illustré par Matthieu Méron.

Si le sport est l’une des clés pour prendre soin de son corps et de son mental, il peut aussi devenir un remède dont on ne peut plus se passer. Au risque de tomber dans l’addiction. Dans le dernier numéro de La Revue Dessinée, Assia Hamdi a enquêté sur ce tabou en interrogeant des patients, des addictologues et des médecins qui accompagnent ces malades du sport. Un sujet illustré par Matthieu Méron.

Extrait de l’article d’Assia Hamdi sur le sport extrême paru dans La Revue Dessinée  © Matthieu Méron

Pauline Gauer, photojournaliste en Irak

Depuis le 28 février, notre intrépide photojournaliste Pauline Gauer est basée à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, où elle couvre la guerre au Moyen Orient. Pour Le Monde, Libération, Le Parisien, La Croix et Le Figaro, elle raconte notamment la crainte des civils face aux frappes iraniennes sur la base militaire américaine et le consulat américain à Erbil, mais aussi la préparation au combat des peshmergas iraniens exilés en Irak et opposés au régime de Téhéran.

Amir Khaled, 27 ans, est un peshmerga iranien exilé en Irak depuis 9 ans. Il protège le camp de familles de peshmergas iraniens, près de la ville de Gomaspan, après que le lieu a été ciblé le matin du 4 mars par trois missiles provenant d’Iran. Une photo parue dans Libération © Pauline Gauer