Sur l’île de Gorée au Sénégal, le passé des esclaves résonne encore
REPORTAGE. La minuscule île sénégalaise est un lieu de mémoire inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Les guides y font découvrir l’horreur vécue par des millions d’esclaves sur le départ… et la vie colorée du lieu, aujourd’hui.
L’île de Gorée est petite par la taille mais grande par l’Histoire.
En une phrase, Mohamed donne le ton. Le guide accueille ses visiteurs d’un jour sur la place des Droits humains qui prolonge l’embarcadère où vient d’accoster la deuxième chaloupe de la journée en provenance de Dakar, la capitale du Sénégal. Avec gravité, il endosse l’héritage de son île natale pour transmettre la mémoire de ses ancêtres esclaves. Ceux qui ont transité par Gorée, mais aussi tous ceux embarqués de force depuis les ports africains : Ouidah au Bénin, Badagry au Nigeria, Cape Coast au Ghana…
Ce qui compte ici, ce n’est pas le nombre de captifs partis de l’île sénégalaise, mais la valeur symbolique de cet îlot d’origine volcanique de 300 mètres de large et de 900 mètres de long, premier lieu de mémoire de l’esclavage colonial en Afrique.
Ce dimanche matin d’hiver, le Goréen n’est pas le seul guide à venir à la rencontre des nombreux touristes. Depuis l’inscription de Gorée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1978, le flot des visiteurs ne cesse de gonfler jusqu’à atteindre 500 000 par an, dont quelques noms illustres. Nelson Mandela est venu à Gorée en 1990 après sa libération
, indique Mohamed tout en montrant une stèle érigée en son honneur. En 2013, le président américain Barack Obama s’y est également rendu en famille.
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